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Tu dois sûrement avoir une liste d'idées de projets dans ta tête et elle ne cesse de s'allonger tous les jours dès que tu as une étincelle, n’est-ce pas ?

À chaque nouvelle idée, tu te dis “Ça y est, j'ai trouvé ma vocation” : puis tu vas commencer à approfondir le sujet, chercher des formations, etc.

Mais le projet se retrouve après quelques semaines dans le tiroir des projets non aboutis (encore).

Plus ce tiroir se remplit, plus il est encombré et plus tu t'éparpilles…

On va sûrement te dire que c’est un manque de discipline, de routine,... mais comment avoir une discipline sur quelque chose de précis lorsque nos pensées se bousculent sans cesse ?

Notre capacité à planifier et prioriser peut être mise à mal par la surcharge cognitive, l’envie de nouveauté, mais aussi la peur de l'échec.

En soi, ce n'est pas un problème, on va d’abord essayer de comprendre pourquoi on se disperse, les méthodes qui peuvent t’aider au quotidien et ne pas enterrer ta créativité, et enfin je te parlerai du système qui a été efficace pour trier mes projets du plus réalisable dans l’immédiat au moins réalisable.

Pourquoi on s’éparpille ?

Lorsqu’on a tendance à beaucoup se disperser, cela peut signifier qu’on gère de façon difficile les émotions, la concentration et la capacité à prioriser les choses, surtout s’il y a des stimulations internes ou externes.

Une pensée en arborescence

En général, les personnes qui ont tendance à s'éparpiller ont une façon de penser qui fonctionne en arborescence :

Tu as une idée centrale qui survient dans ta tête, et il y a plein de chemins annexes qui apparaissent avec elle.

Et tu te retrouves à sauter de branche en branche, que ces idées soient liées de près ou de loin, tu vas vouloir en approfondir une première, puis tu vas passer à une autre… des connexions vont se faire et ça peut continuer à l’infini, ce sont tes capacités d’exécution qui vont être perturbées.

L'analogie qui matérialise bien ce schéma de réflexion dans la vie quotidienne c'est lorsqu'on se dit qu'on doit vider le lave vaisselle par exemple : en rangeant les bols, on voit une tâche sur le placard qu'on commence à nettoyer, puis on se retrouve à faire du tri, du nettoyage dans tous les meubles, et ça peut continuer comme ça longtemps…

Les fonctions exécutives du cerveau permettent de se focaliser sur une seule tâche à la fois, et dès qu'on a terminé celle-ci, on passe à la suivante.

On subit alors une surcharge cognitive : le volume des informations devant être traitées et non achevées est trop élevé !

On finit par s’embrouiller et passer à autre chose pour chercher de la nouveauté et atténuer cette surcharge, mais ça ne fait que l'augmenter encore et encore. Ce qui va être perçu d'un point de vue extérieur comme étant totalement illogique.

Quand nos émotions perturbent notre volonté de réussir

Laisse-moi te dire que lorsque les émotions s'en mêlent, on est loin d'arranger les choses.

Au début du projet, on est particulièrement excités et très motivés par la découverte et la nouveauté, on veut tout faire, on a plein de choses en tête et on commence à travailler les points qui nous intéressent et que l'on sait gérer ou que l'on est curieux d'apprendre.

Maaaaais à un moment donné, on se retrouve face à quelque chose qui nous déplaît, quelque chose qu'on n’aime pas faire, soit parce qu'on voit ça comme une montagne à gravir, soit parce qu’on n'aime pas cette tâche… peu importe les raisons.

Cette chose te rend inconfortable, et fait monter ton niveau d'anxiété à son paroxysme… parce que tu as peut-être peur d'échouer, peur du regard des autres, peur que ce soit imparfait…

→ Mais comment va-t-on réagir face à cette situation ?

On va éviter cette anxiété en fuyant, en procrastinant au maximum, on se dit si on ne le fait pas, on n'a pas de risque d'échouer et personne ne nous jugera sur cet échec (bah oui forcément, logique 😅).

En même temps, c'est le seul moyen de faire redescendre ce stress et se sentir bien à nouveau.

Mais est-ce que ça t’aide dans ta quête de l'achèvement ? Pas de surprise, malheureusement non.

→ Tu vas me dire “t'as fini de me torturer ?”, et non ce n'est pas fini.

Hormis l'évitement anxieux, on peut aussi se retrouver confronté à la peur de l'ennui lorsqu'on arrive à un stade intermédiaire ou avancé du projet.

Il faut un effort constant et une discipline pour rester concentré sur un seul projet, mais pour cette façon de réfléchir, c’est la pire torture qui existe (non je n’exagère rien bien sûr).

La nouveauté est toujours séduisante au départ comme je le disais plus haut, mais plus on avance dans le projet, plus le niveau d'excitation baisse. On peut alors chercher à remonter ce niveau par d'autres moyens.

→ Comment soulager cette souffrance ? Ou que dis-je, comment y mettre fin ?

Bien, on va aller papillonner ici et là :

On va réaliser des petites choses qui vont nous apporter de la satisfaction instantanée, mais nous éloigner de notre ambition initiale.

Et enfin, le dernier élément et non des moindres, qui ne nous aide pas dans cette quête de la réussite : c’est le fameux FOMO (Fear Of Missing Out = peur de rater quelque chose).

Le FOMO peut nous pousser à tout vouloir faire en même temps parce qu’on a peur de rater une info, et on se retrouve sur mille dossiers en même temps au lieu de nous engager dans un seul chemin et nous y tenir jusqu'au bout.

Changes tes paramètres pour te recentrer

Tu vas être content.e, on arrive à la partie qui t'intéresse : comment réussir à te concentrer en prenant tous ces facteurs en compte ?

Lorsque j'ai évoqué les différents facteurs qui conduisent à l'éparpillement, je parlais souvent de hausse ou de baisse : en ce sens, on va considérer notre cerveau comme un tableau avec des curseurs que l'on monte ou que l'on descend pour parvenir à ce que l'on veut.

En gros, on va jouer avec nos propres paramètres de réflexion.

Le micro-tasking : réduis la charge mentale

Dès que t’entends “faire le projet untel”, tu te figes et deviens anxieux.se en voyant la taille du projet dans sa globalité, et tu finis par procrastiner parce que tu ne sais pas par où commencer et tu ne sais pas si tu resteras focalisé.e sur cette tâche précise.

L'astuce ici, c'est de piocher dans cette charge mentale volumineuse une toute petite tâche simple à réaliser comme par exemple : ouvrir un document pour y écrire un titre.

Cette tâche va te paraître tellement dérisoire, que tu n'auras pas de mal à te motiver pour la faire.

Une fois lancée, tu brises l’inertie, et tu provoques une tension psychologique qui va te pousser à faire plus. Et c’est comme ça que tu vas passer de 0 à 1.

Même si tu ne finis pas tout et que tu ne te sens plus de continuer, ce n’est pas grave, parce que :

→ “Fait vaut mieux que parfait.”

Tu peux ensuite noter dans ton calendrier la prochaine action minimale à réaliser pour le lendemain et tu fermes ton fichier.

Cela ne peut pas être parfait dès le départ, la première version sera toujours imparfaite quoiqu'il arrive, et tu t'améliores avec le temps, avec l'expérience, tes recherches, les retours constructifs de ton audience, c'est comme cela que l'on évolue.

Hangar à projets : stockes les idées secondaires

Pour mieux gérer le FOMO, on ne peut pas simplement supprimer les idées de notre tête, elles surgissent de nulle part et s’installent en plein milieu d’un autre projet.

Étincelantes avec un grand sourire innocent et on ne peut pas s'en débarrasser juste comme ça, on ne sait plus où donner de la tête, on s’éparpille et on commence à s’occuper avec la nouvelle idée au détriment de notre objectif initial.

→ Mais qu’est-ce qu’on fait alors ?

Tu le fais peut-être déjà, mais si c'est pas le cas, garde une note peu importe que ce soit dans un carnet, sur une appli ou sur une feuille volante, il faut que ce soit quelque chose qui te soit accessible en permanence.

Tu mets un titre du genre “Hangar à idées”-oui un hangar parce qu'une boîte à idées ne suffirait pas à contenir tout ça, et dès que t’as une idée qui surgit de nulle part, tu la notes et tu fermes le doc. Je t'offrirais ce “hangar” un peu plus bas. Et oui rien que ça 😌

En stockant ces idées quelque part, tu atténues la peur de rater quelque chose, ça signifie “T’inquiètes pas, on va revenir développer ce sujet un peu plus tard.”

Tu seras rassuré.e en sachant que ton concept n’est pas perdu à tout jamais, et tu t’en détacheras émotionnellement pour rester concentré.e sur l’action en cours.

Ménage de printemps : limite le nombre de projets en cours

Ici, il va falloir s'atteler à diminuer ta surcharge cognitive. On va appliquer la règle du “un dedans, un dehors” pour nos projets.

Pour l'analogie, on peut comparer ça à un nouveau vêtement qu'on vient d'acheter, on est contents de le porter au début puis passé une certaine période, il finit au fond de l'armoire avec tous les autres ayant connu le même destin.

Conséquence ? Ça encombre l'espace et augmente ta charge mentale implicitement.

C'est pareil avec le business, commencer un nouveau projet est toujours intéressant au début : c’est là où le pic de dopamine est au plus haut, mais le finir semble être une montagne presque impossible à gravir, ça demande un effort cognitif très soutenu.

Il faut alors se faire violence et instaurer une règle bien stricte :

→ Tant que le projet A n’est pas officiellement publié, délégué ou archivé, tu ne commenceras point le projet B.

En faisant ça, tu prives ton cerveau d’une porte de sortie pour chercher de la dopamine à nouveau, il n’a pas d'autre choix que de terminer le projet en cours pour pouvoir en avoir à nouveau avec une autre idée.

Objectifs fractionnés : découpe ton projet en étapes atteignables

Les projets souffrent souvent de ce qu’on appelle le syndrome du milieu : tu t'essouffles, tu as tellement donné au début que la ligne d’arrivée te paraît encore bien loin.

Surtout si tu es du genre à vouloir tout tout de suite, le désengagement sera encore plus exacerbé chez toi.

Ce que tu vas faire ici pour satisfaire ton cerveau et continuer à te motiver jusqu’au bout, c’est de te fixer des objectifs intermédiaires.

Tu découpes ton projet en plusieurs jalons et tu te fixes un livrable à célébrer ou à montrer à quelqu’un une fois par semaine par exemple.

En faisant ça, la ligne d’arrivée a l’air beaucoup plus proche et la satisfaction d'achèvement tant recherchée est maintenue de façon régulière et constante sans avoir besoin d’aller chercher ailleurs.

Créer un engagement externe : annonce une échéance à quelqu'un

Cette méthode est un peu particulière, car là on va aller chercher les plus grandes anxiétés et le besoin social d’être vu comme fiable et cohérent aux yeux des autres.

On va prendre cette peur et l’utiliser à ton avantage pour éviter de procrastiner, d’ailleurs c’est ce que je fais quand j’ai besoin de faire un peu de rangement à la maison par exemple et que je me vois traîner les choses, j’invite quelqu’un pour m’obliger à le faire.

Là c’est pareil, on va volontairement annoncer une date de rendu à une audience : ça peut être la collègue, un client, ou un post sur les réseaux sociaux, même si personne ne la demande.

Tu te seras mis implicitement sous pression parce qu’on a ce désir d’éviter une honte sociale ou de ressentir un sentiment d’échec. Et ça te permet d’écarter le papillonnage car tu vas te focaliser par nécessité.

Tu vas me dire d'accord, maintenant je vais pouvoir me focaliser, mais sur lequel de mes projets ?

Si t’as 10 projets en tête, par lequel commencer ?

À tes yeux, tous tes projets se valent potentiellement et tu as du mal à prioriser l'un sur l'autre, n'est-ce pas ?

Alors il va falloir faire appel à ton sens exécutif, pour prioriser les idées ayant le plus de potentiel.

En soi, il existe déjà des centaines voire des milliers de méthodes pour hiérarchiser des projets ou des tâches mais je ne les connais pas toutes et je compte pas faire de cet article une encyclopédie 😅

Il y en a deux qui ont retenu mon attention : la méthode RICE et la Matrice ICE.

Les deux systèmes utilisent des critères de notation pour chaque projet, qui amènent à des résultats finaux, permettant de classer les projets en fonction des niveaux des notations.

Mais pour moi, ces méthodes sont plus adaptées à des grandes structures déjà établies ou des PME.

J'ai donc fait un remix qui puisse facilement s'adresser aux entrepreneur.se.s qui ne se sont pas encore lancé.e.s ou qui viennent seulement de se lancer.

Pour chaque projet, on va se poser ces 4 questions :

As-tu une base de connaissances solides ?

Une idée qui te demande 6 mois ou un an pour monter en compétences avant de commencer n’a pas le même coût qu'un projet où tu es déjà à l’aise et fonctionnel pour commencer tout de suite.

Il faut t’assurer d’avoir les ressources nécessaires, ou du moins un moyen de te les procurer pour pouvoir te lancer dans un business, c’est ce qui augmentera les chances de viabilité de ton affaire.

As-tu constaté un besoin réellement exprimé ?

Il ne s’agit pas de théories ou d’idéalisation de type “je pense que ça pourrait plaire” mais un vrai besoin entendu, vu ou vécu.

Un business qui naît d’un besoin réel a toujours plus de chances d’aboutir qu’une idée née d’une intuition seule.

Et si tu pressens que ce besoin existe toutefois, et que ton idée a du potentiel, il ne faut pas hésiter à sonder les potentielles client.e.s pour recueillir des retours concrets.

Qu'est-ce que tu risques en cas d’échec et es-tu prêt.e à perdre ça ?

Avec chaque projet, il y a un risque et il est nécessaire que tu l’évalues et anticiper tes actions. Concrètement, es-tu prêt.e à perdre de l'argent ou une réputation par exemple ?

Tu ne peux pas baser la viabilité de ton projet sur seulement l’enthousiasme du moment, mais il faut que tu anticipes en prenant conscience du risque avant de te lancer dans l’aventure.

Ton enthousiasme du départ est-il encore là après un certain temps ?

Cette dernière question peut être assez cruelle, mais tout aussi nécessaire que les précédentes.

Ta façon de réfléchir fait que tu peux passer d’une idée à l’autre ou même trouver un autre concept pendant que tu travailles déjà sur un projet.

Et dans ce processus, beaucoup d’idées brillent très fort à ce moment et on a l’impression que c’est à chaque fois l’invention du siècle (oui, encore…), mais cet élan peut s'épuiser très vite.

Pour t’assurer que cette idée est viable, attends un petit peu avant de t’engager dans quoi que ce soit pour voir si elle tient encore et si tu as réellement envie de te lancer là-dedans.

L’enthousiasme de départ n’est pas un indicateur fiable, eh oui…

Ce que ce système de hiérarchisation change concrètement :

Il ne va pas forcément chercher dans ta créativité papillonnante, mais te propose une évaluation concrète de ce sur quoi tu peux agir maintenant et interroger ta capacité à faire face aux risques potentiels.

En te basant sur ces critères, il y a forcément une idée qui aura plus de potentiel que les autres, et elle sera la plus viable parce que tu as de bonnes connaissances sur le sujet, le projet répond à un besoin exprimé, le risque est connu, et elle a survécu à ta phase d'enthousiasme donc potentiellement réalisable. Bref, on dépasse la curiosité et on passe au concret.

Qu’est-ce qu’on fait des autres idées du coup ?

Ne t’inquiètes pas, on ne les jette pas à la poubelle, tu peux les garder notées et rangées sur ce système de hiérarchisation, qui peut devenir par la même occasion ton hangar à idées.

Elles seront mises en veille pendant que tu te concentres sur le projet qui sera le plus réalisable.

Ce qui est mis de côté aujourd’hui peut devenir pertinent dans le futur, avec un peu plus d’expérience, de ressources ou dans un contexte différent.

Le tri que tu fais maintenant est provisoire et rassurant aussi.

Prioriser un projet de business sur d’autres te permet de t’alléger mentalement et avancer efficacement lorsque tu as trop d’idées en tant qu’entrepreneu.r.se.

Cette problématique te parle ? Écris-moi.